Une autre empreinte : interview de Julien Coquentin

Une autre empreinte : interview de Julien Coquentin

Les noms des trois photographes lauréats de la deuxième édition du prix photo Dahinden – Une autre empreinte ont été dévoilés à Arles en juillet. Félicitations à Julien Coquentin, Sandrine Elberg et Xavier Dumoulin, qui ont été sélectionnés par notre jury d’experts !

Les séries des trois lauréats seront exposées du 8 septembre au 30 octobre à l’Académie du Climat de Photoclimat.

Dans cette interview, Julien Coquentin revient sur son parcours, son approche de la photographie et son actualité.

 

Julien Coquentin

 

 

Comment vous présenteriez-vous ?

Comme un photographe qui prend son temps pour raconter des histoires.

 

Quelles sont vos principales sources d’inspiration artistique ?

Je m’empare de tout ce qui vient : une ligne de piano, l’intitulé d’une liasse des Archives départementales, un paysage, une rencontre, un souvenir, une odeur. Ce que vous appelez « inspiration artistique » est, je crois, aussi imprévisible que la vie même.

©Julien Coquentin – série Oreille coupée

 

Pourquoi avoir choisi cette série en particulier lorsque vous avez candidaté au prix ?

Parce qu’il s’agit bien de terre, celle que nous partageons avec les autres espèces animales. Une histoire de territoires et de frontières, géographiques, intimes. Le récit d’un retour, celui du loup, la fascination et la peur qu’il suscite.

 

Pouvez-vous nous parler des procédés photographiques utilisés pour cette série de photos ?

L’ensemble de la série en associe plusieurs. J’ai utilisé des pièges photographiques, dispositifs fixés aux arbres et programmés pour enregistrer, nuit et jour, le passage fugace des animaux. Il s’agit probablement du degré le plus élémentaire de la photographie. Ma seule responsabilité en la matière, est de déterminer le bon endroit et en choisir le cadre. Cette stricte restriction me plaît. Néanmoins, les photographies ainsi produites manquent de beauté. J’ai donc été amené à chercher dans le cyanotype à recouvrer la grâce des bêtes. Le citrate d’ammonium ferrique se combinant au ferricyanure de potassium empreinte le papier que, contrairement à l’usage, je ne rincerais pas. L’image ainsi générée sera scannée puis laissée de côté. Elle disparaîtra dans un bleu aussi profond que la nuit. L’autre part photographique a été réalisée, pour l’essentiel, en moyen format argentique.

©Julien Coquentin – série Oreille coupée


L’exposition de vos œuvres et de celles des deux autres lauréats du prix photo Dahinden – Une autre empreinte à l’Académie du Climat à Photoclimat aura lieu du 8 septembre au 30 octobre. Avez-vous d’autres projets ou expos à venir ?

Un livre, « Oreille coupée », à paraître au printemps prochain aux éditions Lamaindonne et pour l’accompagner, un cycle d’expositions dans le réseau Diagonal : Galerie Le Carré d’Art à Chartres-de-Bretagne, Centre Claude Cahun à Nantes, La Chambre à Strasbourg.

©Julien Coquentin – série Oreille coupée

 

 

Pour en savoir plus sur ce photographe, rendez-vous sur le site web de Julien Coquentin.

Vous pouvez voter pour votre lauréat favori via ce formulaire afin de lui permettre de remporter une exposition de ses œuvres lors de la 25ème édition de Paris Photo, du 10 au 13 novembre prochains.