Une autre empreinte : interview de Xavier Dumoulin

Une autre empreinte : interview de Xavier Dumoulin

Pour conclure notre série d’interviews des trois lauréats du prix photo Une autre empreinte 2022, nous retrouvons aujourd’hui Xavier Dumoulin. Tout comme Julien Coquentin et Sandrine Elberg avant lui, il répond à nos question, et présente sa série et son approche de la photographie.

L’exposition des trois photographes sélectionnés par le jury de la deuxième édition du prix photo Dahinden – Une autre empreinte approche : elle aura lieu du 8 septembre au 30 octobre, à l’Académie du Climat de Photoclimat.

Photographe d’architecture, Xavier Dumoulin réalise également des reportages ainsi que des photos et vidéos par drone. Il aborde ici les thèmes de la pollution lumineuse et du réchauffement climatique.

 

Xavier Dumoulin

 

Comment vous présenteriez-vous ?

Comme un passionné de montagne et de nature qui tente de voler des moments d’éternité glanés là où l’Homme ne peux pas s’attarder, un chercheur de sens qui questionne sans cesse son environnement en quête d’indices sur ce qui est essentiel. Un photographe enfin pour exprimer ces ressentis, pour matérialiser ces abstractions et tenter de faire des images suffisamment significatives pour aider à une prise de conscience de l’absurdité des priorités de notre civilisation.

 

Quelles sont vos principales sources d’inspirations artistiques ?

Artistique signifie pour moi avoir du sens et mettre en œuvre les moyens pour que le message délivré soit le plus juste possible.
Naturellement, je vais aller vers des images épurées, assez minimalistes pour ne pas altérer le message. Ce mouvement dans l’art asiatique me plaît beaucoup et notamment l’idée du trait essentiel qui exprimera le plus simplement possible le sujet, le mouvement et le sens comme les paysages de Satsuki Shibuya.
J’aime beaucoup aussi sortir du réel pour traiter un sujet, m’adresser à la partie onirique et poétique de chacun, placer le spectateur face à une histoire qu’il va continuer pour ainsi s’approprier le sens des photos.
Esthétiquement, j’ai été marqué par Edward Hopper, les ambiances de ses tableaux et sa maîtrise de la lumière.

©Xavier Dumoulin – série Incandescences – Courtesy Ségolène Brossette Galerie

 

Pourquoi avoir choisi cette série en particulier lorsque vous avez candidaté au prix ?

Cela fait plus de dix ans que je traite la place de l’Homme dans son environnement, révélatrice de sa place dans la société. D’autres séries auraient pu prendre leur place dans ce concours. Incandescences s’est imposée pour son immédiateté visuelle et son sens qui va à l’essentiel. Là ou s’installe l’Homme, le feu consume tout ! Je pense que cette série peut s’adresser à tous les publics et dépasser l’artistique pour devenir pédagogique. Servir de support pour la pollution lumineuse, la consommation d’énergie, les incendies et plus largement l’avidité humaine et sa propension à tout coloniser et à tout détruire.

 

Pouvez-vous nous parler des procédés photographiques utilisés pour cette série de photos ?

Beaucoup de contraintes pour cette série ! L’idée était de photographier des villages isolés en plongée dans une nature visible en pleine nuit. Il fallait donc être au bon endroit avec la pleine lune par ciel dégagé. Beaucoup de recherches sur Google Earth on été nécessaires afin d’estimer les possibilités de points de vue pour gagner ensuite en efficacité sur le terrain une fois la fenêtre météo et astrale propice. Je faisais ensuite le tour des villages à pied pour trouver le bon cadrage. La photo finale se fait sur pied avec mon objectif fétiche de 24mm à décentrement. C’est du one shot ! Pas de montage HDR ou autres compilations d’images. La surexposition nécessaire pour obtenir l’aspect enflammé me permettait d’aller chercher des informations dans le paysage.

©Xavier Dumoulin – série Incandescences – Courtesy Ségolène Brossette Galerie

 

Avez-vous d’autres projets ou expos à venir ?

Je viens de terminer ma dernière série « Tropique des Pyrénées ». Projet porté par le collectif de photographes « A Propos », soutenu par la région Nouvelle Aquitaine et qui a regroupé les acteurs locaux de l’art et de l’écologie. Ce double aspect est très important pour moi ainsi que la photo s’adressant à tous les publics. Après avoir traité les causes puis les conséquences du réchauffement climatique, j’ai voulu traiter les deux dans une même série. Ainsi, sur une unité de lieu restreinte à l’agglomération de Pau, j’ai photographié des paysages de nuit qui pourraient faire penser à une ville tropicale américaine.
Il y aura une double exposition simultanée en octobre à Pau. 15 photos grand format seront exposées dans la ville en extérieur et d’autres images dans une salle d’art contemporain : Le bel Ordinaire où aura lieu le vernissage le 19 octobre.

©Xavier Dumoulin – série Incandescences – Courtesy Ségolène Brossette Galerie

 

Pour en savoir plus sur Xavier Dumoulin, rendez-vous sur le site web de ce photographe.

Vous pouvez voter pour votre lauréat favori via ce formulaire afin de lui permettre de remporter une exposition de ses œuvres lors de la 25ème édition de Paris Photo, du 10 au 13 novembre prochains.