« Jump For Life Paris », le nouvel assaut de Kong Factory

« Jump For Life Paris », le nouvel assaut de Kong Factory

Jump for Life Paris, le deuxième livre de photos édité par l’agence Kong Factory, vient de paraître. Une dizaine de tirages issus de ce projet sera exposée les 4 et 5 décembre à Paris (dans le 4e). Rencontre avec le photographe Fred Di Girolamo.

 

Il y a un peu plus d’un an, nous vous avions parlé de la sortie de “Paris Lockdown”, premier livre réalisé par Kong Factory, dont les bénéfices ont été reversés à la Fondation Abbé Pierre. Riche d’une centaine de photos de Fred Di Girolamo, captées durant le premier confinement en mars 2020, le livre témoigne d’un Paris aux rues désertes de ses habitants.

Pour ce deuxième ouvrage, le photographe a choisi de se consacrer à un autre projet artistique solidaire, avec toujours Paris pour décor. Il souhaitait obtenir un résultat plus dynamique, plus coloré, capter la ville « en mouvement ». D’où l’idée d’en parler au danseur Yaman Okur, alias Yamsonite. Ancien champion du monde de breakdance et chorégraphe sur plusieurs tournées de Madonna, entre autres, ce dernier accepte de se prêter au jeu de cette “traversée de la ville 2.0″.

 

©Fred Di Girolamo – Kong Factory

 

Interview du photographe Fred Di Girolamo, de Kong Factory

 

Peux-tu nous présenter Kong Factory ?

Kong Factory est une agence de photographie, spécialisée dans la vente de tirages Fine Art en édition limitée, basée à Romainville. J’ai créé cette agence en 2018, en compagnie du publicitaire Nicolas Putod. Le nom Kong Factory a été choisi en référence au fait que l’agence s’est spécialisée dès sa création, dans le tirage grand format.

Nous participons régulièrement à des expositions, et l’agence développe également des projets éditoriaux, en auto-édition : les livres Paris Lockdown et Jump for Life Paris sont nos deux premiers ouvrages.

 

Comment votre premier livre, Paris Lockdown, a-t-il été accueilli par le public ? Quelle a été la genèse du deuxième livre ?

Le premier livre a rencontré un grand succès commercial pour un livre photo, notamment grâce au réseau FNAC, qui nous a signalé qu’il s’agissait d’un événement très rare pour un premier livre en auto-édition, réalisé par une petite structure. Il y a eu un vrai coup de cœur du public pour cet ouvrage. Nous avons ensuite reçu beaucoup de messages émus de particuliers, qui s’étaient reconnus dans ces photos, par exemple quelqu’un qui avait fait sa demande de mariage dans une rue de Montmartre qui apparaît dans le livre, une autre personne qui m’a raconté sa rencontre avec sa future femme sur le Pont des Arts, ou un autre qui m’évoquait des souvenirs de guerre de son grand-père… Des témoignages qui nous ont beaucoup touchés.
J’ai moi aussi un attachement très fort pour cette ville : c’est là où j’ai été à l’école de photo, là où j’ai professionnalisé mon approche de la prise de vue…c’est une ville belle et inspirante.

Les deux livres ont été voulus comme des projets solidaires. Le premier était une série de belles cartes postales, en noir et blanc, mais qui représentaient un Paris éteint, une ville fermée, muette. Pour le deuxième, nous avons décidé de montrer un Paris à nouveau vivant, qui retrouve ses couleurs : beaucoup de lieux de spectacles, des grands magasins, des hôtels, des galeries photo, des endroits tels que le centre Pompidou, le Lido, le Moulin Rouge…
En montrant un Paris où les activités ont repris, le message que l’on voulait faire passer c’est « on avance », quelque chose de positif, bien que la pandémie ne soit pas terminée. C’est aussi bien sûr un clin d’œil au premier livre, une forme de continuité.

En conservant le format du premier ouvrage, un livre photo grand public, nous souhaitons lancer une collection. Pourquoi pas en continuant avec d’autres séries consacrées à Paris, qui est une source sans fin pour un photographe, avec ses monuments, ses lumières, ses atmosphères…

 

©Fred Di Girolamo – Kong Factory

 

Comment as tu rencontré Yamsonite ? Comment avez-vous pu accéder à certains lieux exceptionnels ?

J’ai rencontré Yaman grâce à un ami en commun : Patrick Baradel, de l’Atelier Image Collée. Il m’a montré des photos de Yamsonite lors de la préparation d’une exposition de jeunes artistes au Block à Montreuil, et m’a ensuite demandé si une collaboration avec lui pouvait m’intéresser.
Yamsonite est un précurseur dans son domaine : il réalise ses photos seul, depuis plus de dix ans, et Patrick pensait que l’œil d’un photographe pouvait apporter de la nouveauté à son travail. On a organisé un shooting au Palais Royal, qui s’est très bien passé, et la photo a été ensuite utilisée pour l’exposition.

Comme nous avions en projet un deuxième livre pour la Fondation Abbé Pierre, nous avons ensuite recontacté Yamsonite. J’ai adoré travailler avec lui, son concept m’a contraint à sortir de mes habitudes, car la plupart du temps je photographie des paysages, de l’architecture, ou bien en studio. Il a tout de suite adhéré à notre projet. Nous avons ensuite contacté l’office de tourisme de la Ville de Paris. C’est eux qui nous ont permis de nous introduire dans certains lieux emblématiques de la capitale, auxquels nous n’aurions pas eu accès autrement. Pour garder une continuité avec le premier livre, qui contenait cent photos, nous avons planifié des shootings avec Yamsonite dans cent lieux.

Yamsonite a effectué au total plus de cinq-cents sauts, soit cinq en moyenne par shooting. Pour être fidèle à son concept, où son corps doit être parfaitement saisi en l’air, dans une pose qui doit sembler naturelle, j’ai pris le temps de bien réfléchir aux cadrages, et j’ai travaillé en moyen format numérique, en « one shot », sans utiliser la photographie en rafale, et sans aucun trucage.
Je me suis adapté aux contraintes de mon appareil, un Fuji gfx100, qui permet des photos de très bonne qualité, mais qui n’est pas vraiment adapté à ce type de prise de vue. Nous avons aussi été très vigilants vis-à-vis de la sécurité de Yamsonite, nous ne voulions surtout pas qu’il puisse se mettre en danger.

Nous avons voulu surfer sur le mouvement urbain, sur le thème de la mobilité, avec ce personnage qui vole, qui court ou flotte en l’air, que l’on a voulu représenter comme une sorte de super héros qui traverse la ville. Sauf qu’au lieu d’un collant rouge, il porte des baskets et des vêtements streetwear.

 

Le livre est-il déjà sorti ?

Oui, il vient de paraître, il est disponible à la FNAC depuis le 23 novembre.
Pour ce deuxième livre, nous avons augmenté la pagination, qui est passée de quatre-vingt-seize à cent-huit pages. Afin de pouvoir intéresser le plus large public possible, nous restons dans une gamme de prix relativement accessible (le livre est proposé à 21 euros), plutôt que de le sortir dans un format « livre d’art », bien plus onéreux.

 

©Fred Di Girolamo – Kong Factory

 

Quelle est la place de la Fondation Abbé Pierre dans ce projet ?

Nous espérons, si le livre est un succès, pouvoir à nouveau récolter des fonds pour la Fondation Abbé Pierre. Avec le premier livre, « Paris Lockdown », nous avons pu offrir un chèque de dix mille euros au secrétaire général de la fondation, Christophe Robert, qui a préfacé les deux livres. Lorsque nous l’avons rencontré, au début du projet « Paris Lockdown », nous lui avons expliqué notre initiative, qu’il a approuvée, sans savoir qu’elle rencontrerait un tel succès. C’est lui qui nous a permis de faire apparaître le logo de la Fondation Abbé Pierre sur la couverture du livre.

Il y a quelques mois, Christophe Robert a été enthousiasmé lorsque nous lui avons présenté notre projet d’un deuxième livre, dans lequel il fait d’ailleurs une apparition : la prise de vue a été faite dans les locaux de la fondation, et on peut y voir Yamsonite, en plein vol, lui faire un « check » avec le poing. On espère pouvoir faire perdurer ce partenariat avec eux dans le temps.

 

Avez-vous un projet d’exposition “Jump For Life Paris” ?

Oui, nous participons à « City Breakers – Fab Lab », un événement qui aura lieu ce week-end, samedi 4 et dimanche 5 décembre, au 35-37, rue des Francs-Bourgeois (dans le 4e). L’exposition a été organisée en collaboration avec RStyle, une structure qui met en avant la culture urbaine. Il y aura des battles de breakdance, ainsi qu’une projection du documentaire “Wear is the Street ?“, réalisé par Princess Aniès. Une dédicace du livre est prévue le samedi, entre 10h et 20h, durant laquelle Yamsonite sera présent à mes côtés. Une salle entière a été mise à notre disposition, où nous exposerons une vingtaine de tirages, réalisés par Dahinden.

Tous les tirages d’art Kong Factory sont réalisés chez Dahinden, avec qui nous avons d’excellentes relations depuis 2018. J’en profite pour saluer Marie, qui supervise toutes mes commandes, et bien sûr Yann, notre tireur d’art. J’ai trouvé avec lui une forme de symbiose photographe-tireur, qui est primordiale à mes yeux. Yann sublime mes photos, il a toute ma confiance, et j’apprécie les échanges, la complémentarité que nous avons développé au fil du temps.

Les photos exposées ce week-end, comme toutes les photos du livre, sont disponibles à la vente sur le site kongfactory.art.

 

Livre Jump For Life Paris, disponible à la vente sur fnac.com 

Exposition les 4 et 5 décembre (journée de dédicace le 4) lors de l’événement « City Breakers – Fab Lab » au 35-37 rue des Francs-Bourgeois, Paris 4e. Entrée gratuite.