Antoinette de Montille, exposition « Le Bis, a trilateral game »

Antoinette de Montille, exposition « Le Bis, a trilateral game »

Pour son exposition « Le Bis, a trilateral game » à Paris, l’artiste Antoinette de Montille nous interroge sur les clichés usuels de notre rapport aux espaces et aux temps.

L’architecture et l’imaginaire sont les catalyseurs de nouvelles dimensions.

À l’occasion de cet évènement, Antoinette de Montille a fait appel au service reproduction d’art de Dahinden. Nous en avons profité pour lui poser quelques questions :

 

Quel est votre parcours?

Si on parle du parcours intérieur alors je dirais que mon univers est celui de la 3D. Depuis toujours je récupère tout ce qui peut me permettre de construire quelque chose, habitable ou non. Je n’avais jamais assez de place pour stocker tout ce que je ramassais. Sans le savoir, je faisais des installations. C’est ce qui m’a toujours amusé et c’est ce qui m’amuse encore. Si on parle du parcours académique, il est un mélange des différents systèmes éducatifs des pays dans lesquels j’ai vécu. Mais pour résumer, après avoir passé mes A-levels en Angleterre, j’ai fait ma « foundation Year  » à Central Saint Martins (Londres). J’ai alors beaucoup hésité entre sculpture, joaillerie et architecture. J’ai choisi l’architecture qui me donne les bases techniques et d’ingénierie dont j’ai besoin pour mettre en place mes idées. La mise en scène n’est pas que de la créativité artistique, c’est aussi la maitrise pointue de la technologie. Aujourd’hui, je me suis installée à Paris où je poursuis donc mes études d’architecte.

 

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Toute expérience, rencontre ou lecture est une source d’inspiration pour moi. Je me nourris de tout. Par exemple, le point de départ de mon exposition « a trilateral game », est en fait le livre de Georges Perec « Espèces d’espaces » qui fait écho à ma propre expérience et à la mémoire des nombreux espaces où j’ai vécu. Georges Perec y parle de son regret de ne pouvoir fixer la mémoire des lieux de sa vie d’une manière définitive, rassurante, immuable. Il décrit ce qu’il appelle un doute, ou même une trahison des souvenirs et des expériences de ces endroits dans lesquels il s’est pourtant construit. Derrière ces regrets, il pose la question de la réalité de ce que nous vivons mais aussi de la matière de la mémoire, de sa transmission et de son appartenance. Ayant grandi dans plusieurs pays, ayant appris qu’il existe de nombreuses vérités, c’est un sujet qui me tourmente moi-même depuis longtemps. Ma fresque « Trilogy » reproduite par Dahinden, représente ce questionnement. Ce sont des dessins d’espaces urbains dans lesquels j’ai grandi : Paris, Kansas City, Londres. Chaque panneau interroge l’état de ma mémoire et le transmet au visiteur, qui part avec et la transforme à son tour pour se l’approprier.


Qu’avez-vous trouvé en venant chez Dahinden?

J’ai trouvé un très grand et très rare professionnalisme qui s’est traduit d’abord par un accueil attentif et une prise en charge sans délai par Françoise, ce qui m’a mise en confiance et m’a tout de suite confirmé que mon projet était dans les mains de spécialistes, comme me l’avait dit l’amie qui m’a référée à Dahinden.
Cette grande écoute de Françoise, je l’ai retrouvée chez Yann. Il a compris tout à fait ce que je souhaitais réaliser, puis il a engagé une recherche créative de solutions pour résoudre les challenges qui se posaient : la taille de la reproduction (100 x140 cm) qui exige beaucoup de recul pour la caméra, la luminosité versatile du papier craft qu’il fallait rendre homogène sur les 3 panneaux destinés à être exposés les uns à côtés des autres comme des panoramiques de papiers peints, et la reproduction à l’identique de la matière des média que j’utilise. Le rendu du papier craft et surtout du pastel sec demande une très grande dextérité et la maitrise parfaite de la reproduction d’Art. Dans ce sens je peux dire que Yann a réalisé un travail d’édition exceptionnel, et lui même très artistique. Les visiteurs de l’exposition pensaient regarder des originaux et touchaient le papier pour vérifier qu’il s’agissait bien d’une reproduction. Yann a par ailleurs corrigé certaines imperfections que j’avais moi-même laissé passer, mettant ainsi en valeur ma propre création grâce à son œil acéré et son exigence artistique personnelle.

 

Antoinette de Montille, exposition « Le Bis, a trilateral game »
Reproduction d’art, prise de vue et post production, tirage mat 160 gr : DAHINDEN

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