FOTOFEVER PRIZE WITH DAHINDEN : INTERVIEW DE JULIA AMARGER

FOTOFEVER PRIZE WITH DAHINDEN : INTERVIEW DE JULIA AMARGER

Les trois lauréats du fotofever prize with Dahinden 2019, Rose Lecat, Julia Amarger et Alain Polo Nzuzi, se dévoilent en interview. Rendez-vous nombreux sur le site de fotofever pour voter afin de les départager. Le prix du public sera attribué à l’artiste ayant remporté le plus de voix.

Après Rose Lecat et Alain Polo Nzuzi, notre série d’interviews se conclut avec Julia Amarger. Ses images énigmatiques évoquent les thèmes du secret, du silence, de l’intime. Julia Amarger est aussi membre du groupe de recherche « imágenes, huellas y supervivencias », rattaché à l’université de Córdoba en Argentine.

ENTRETIEN AVEC JULIA AMARGER

 

  • Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ? 

Je suis photographe, née en Touraine et de nationalité franco-argentine. J’habite à Paris même si je passe encore plusieurs mois de l’année en Argentine. Cette double culture se retrouve dans mes projets et dans différentes facettes de ma personnalité. J’ai une fascination pour l’eau, l’océan, les grands espaces, je ne tiens pas en place et n’aime pas la routine. Actuellement je travaille mes projets personnels, je réalise des commandes pour des designers et metteurs en scène et je mène également des projets d’éducation artistique auprès de différents publics.

"Ceci est un secret", série de photo de Julia Amarger, lauréate du fotofever prize with Dahinden

©Julia Amarger

 

  • Comment s’est développée votre passion pour la photographie ? Êtes-vous autodidacte ou avez-vous suivi une formation ?

Ma passion pour la photographie provient probablement de l’enfance, j’ai toujours joué avec des appareils photo, vu des films sécher dans la salle de bain, passé du temps dans le labo avec mes parents qui tiraient leurs photos. Je passais les images de bain en bain, j’observais comment elles apparaissaient. À vingt ans à peine, j’ai décidé de partir en Argentine et j’y ai étudié la photographie dans une école d’Art de Cordoba. Après cinq années là-bas, je me suis installée à Paris et j’ai poursuivi mon cursus en Master Photographie et Art Contemporain à Paris 8.

"Ceci est un secret", série de photo de Julia Amarger, lauréate du fotofever prize with Dahinden

©Julia Amarger

 

  • Comment avez-vous entendu parler de la deuxième édition du fotofever prize with Dahinden ? 

J’ai entendu parler du prix par une amie du Master photo avec qui on échange souvent astuces, conseils et avis sur nos pratiques artistiques. Je dois admettre que j’ai postulé à la dernière minute sans vraiment imaginer la suite !

 

  • Quelles sont vos principales sources d’inspiration ? 

Je puise mon inspiration dans mon expérience personnelle mais aussi dans celle des autres. Dans ce projet, en demandant à des personnes de mon entourage plus ou moins proches de m’envoyer par la poste un secret anonymement. Des secrets intimes deviennent ma source d’inspiration et le point de départ pour la réalisation de mes images. Dans un autre projet que je réalise en ce moment, je travaille également cette thématique du secret mais à une autre échelle, un secret d’État. Je cherche à aborder photographiquement ce qui est condamné à être passé sous silence.

"Ceci est un secret", série de photo de Julia Amarger, lauréate du fotofever prize with Dahinden

©Julia Amarger

 

  • Pourquoi avoir choisi cette série en particulier ? Est-elle représentative de votre approche de la photographie ? Quelles sont les émotions, le message que vous aimeriez faire passer à travers ces images ? 

La série « Ceci est un secret » est vraiment charnière dans ma pratique puisqu’elle m’a permis de comprendre le point commun entre des images ou des projets qui de prime abord peuvent sembler très différents. Ensuite c’est un projet dont le protocole de création à toute son importance et qui est aussi assez représentatif de ma manière de travailler. Cette série est poétique et mystérieuse, j’aime créer des images ambiguës et suggestives pour ouvrir l’imaginaire du spectateur. Je joue avec l’impossibilité dont est chargée toute photographie pour extérioriser ce que l’on voit ou ce que l’on écrit.

En récupérant des secrets et en créant des photographies à partir de ces textes, je donne à voir un secret sans pour autant le raconter. Il y a donc une distance qui se créée entre le secret et la photographie mais aussi entre la photographie et ce que comprend le spectateur.

Julia Amarger en visite chez Dahinden, test de chromie.

Julia Amarger (à droite) lors de sa visite chez Dahinden

 

Rendez-vous sur le site de fotofever pour voter pour le lauréat de votre choix, et lui permettre de remporter le vote du public.
Clôture du vote le 15 octobre 2019 à minuit.

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